L’enquête française sur le «Madoff des manuscrits anciens» rebondit en Suisse

Il y a six mois à peine, Gérard Lhéritier déboursait plus de huit millions de francs pour acheter le manuscrit des «Cent-vingt journées de Sodome», du marquis de Sade. La presse admirait alors le succès de cet homme d’affaires, auréolé d’une collection de lettres griffées de la main des plus grands: André Breton, Vincent Van Gogh, Franz Liszt, Charles de Gaulle…

Le panache du collectionneur est aujourd’hui quelque peu terni. Il y a quelques jours, les policiers de la Brigade de répression de la délinquance économique lançaient une opération de grande envergure en perquisitionnant les locaux d’Aristophil, la société de Gérard Lhéritier; mais aussi ceux du Musée des lettres et manuscrits, ouvert par le même homme en 2004. La maison, située dans le quartier chic de Saint-Germain-des-Prés, expose une partie de ses précieux documents.

Selon Charlie Hebdo, qui a révélé l’affaire, le dossier traîne depuis des années au Parquet de Paris. Mais ce n’est que récemment que les experts de la répression des fraudes ont décidé d’agir: ils ont ouvert une enquête préliminaire pour «escroquerie en bande organisée» – un schéma également évoqué par la justice belge, qui travaille aussi sur le dossier. Le montage financier du Français serait semblable à celui de l’escroc américain Madoff.

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Une affaire de faux Picasso devant la justice suisse

Une femme nue aux cheveux longs et frisés. Une tête biscornue, tenant une palette, le pinceau posé sur une fine toile. En apparence, cette lithographie de Pablo Picasso semble correcte. Réalisée en 1968 par le peintre espagnol, soit cinq ans avant sa mort, elle est tirée de la Serie 347, qui est composée des dernières gravures à avoir été réalisées personnellement par l’artiste.

Pourtant, quand le collectionneur américain que nous appellerons Jeremy reçoit la reproduction à sa galerie, un vendredi d’octobre 2012, il voit tout de suite que quelque chose ne va pas. Le papier est épais et semble jauni artificiellement L’acheteur, spécialisé dans les estampes de Picasso, doute aussi des neuf autres lithographies livrées avec celle-ci. Il appelle alors la personne qui lui a vendu le lot. Bien qu’elle soit introuvable sur Internet, plusieurs galeristes new yorkais travaillent régulièrement avec cette négociante en art, une Suissesse basée aux alentours de Zurich.

Avertie par Jeremy, cette professionnelle réclame l’avis d’autres experts. Son client sollicite notamment un Parisien, adoubé par la Fondation Picasso. Verdict ? Il s’agirait bien de faux. Pas de chance: Jeremy a déjà versé les quelques 50 000 francs à son contact suisse.

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Le collectionneur Asher Edelman attaque en justice une société suisse

A 74 ans, le «requin le plus divertissant du marché de l’art», comme l’a surnommé un journaliste américain, est encore loin de la retraite. Asher Edelman, le redoutable trader qui avait fondé le musée de Pully, a porté plainte vendredi 31 janvier devant la Cour suprême du Tribunal de New York pour «rupture de contrat» et «fraude». Le négociant accuse l’entreprise Artmentum, basée près de Zurich, d’avoir voulu lui vendre une série de tableaux d’exception alors qu’elle n’en avait pas le mandat.

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