Le fisc espagnol enquête aussi sur Argor-Heraeus

Plus de 100 personnes arrêtées et 180 entreprises impliquées dans 12 villes espagnoles. L’opération de grande ampleur menée au début de l’année par la police ibérique visait l’entreprise Oro Direct ainsi que certains de ses fournisseurs. Cette enseigne spécialisée dans l’achat et la revente d’or est accusée de fraude fiscale, mais pas seulement. « Le système a aussi servi à blanchir l’argent du trafic de drogues », explique à la Sonntagszeitung une source proche du dossier. Et là encore, les fonderies suisses sont en première ligne. Selon le quotidien El Economista, c’est Argor-Heraeus qui raffinait l’or envoyé par Oro Direct, avant d’en réexpédier une partie en Espagne. Argor-Heraeus n’a pas répondu à nos questions. Le porte-parole de la police de Valence, Manuel Castilla, nous confirme par téléphone qu’une demande d’entraide judiciaire a été envoyée à la Suisse.

Article paru en allemand dans la Sonntagszeitung

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Trois raffineries suisses fondent pour l’or des cartels de la drogue colombiens

En Colombie, les hauts fonctionnaires ne sortent jamais sans gardes du corps. C’est donc sous protection rapprochée que Juan Ricardo Ortega donnait une interview, au printemps dernier, dans un restaurant de Bogotá. Le chef de la Direction des impôts et des douanes nationales (DIAN), expliquait qu’il enquêtait sur l’or colombien utilisé comme moyen pour blanchir l’argent de la drogue. Où est envoyé cet or sale, demandait-il aux journalistes ? Aux Etats-Unis… et en Suisse.

Entre 2005 et 2012, les exportations d’or colombien vers la Suisse n’ont cessé d’augmenter, pour atteindre les 17 000 kilos, soit 682   millions de dollars. Au même moment, le prix du métal était multiplié presque par quatre. Et à Bogotá, ce sont d’abord ces chiffres qui ont attiré l’attention. Comment la bourgade d’Alto Baudó, au sud-ouest de Medellín, où le sol n’a jamais donné une seule pépite, a-t-elle pu produire une tonne du précieux métal, début 2010 ?, s’étonne le journal Dinero.

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La Suisse raffine l’or illégal de Madre de Dios

Le procureur Julio Guzman enquête sur l’un des plus gros scandales qui touche le Pérou. Et de son bureau de San Isidro, au sud de Lima, ce haut fonctionnaire a la Suisse dans le viseur. Une firme genevoise achète et raffine près de Chiasso de l’or venant de Madre de Dios, région tropicale à la frontière avec le Brésil. L’Etat péruvien soupçonne ces mines d’être liées au narcotrafic. Une fois purifié, le métal est vendu à l’horlogerie, l’industrie médicale ou dans les banques. Nommé en 2010 pour faire la guerre aux mines illégales, le procureur du ministère de l’Environnement exige que «la Suisse vérifie mieux l’origine de l’or péruvien».

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